22 Popular Foundry Type Faces – livret de spécimens typographiques, Cooper & Beatty, 1937
Notes
La mise à jour régulière des spécimens typographiques a toujours posé un défi pour les ateliers de composition. Le recours à des classeurs à trois anneaux, voire plus, était la solution la plus fréquente. Toutefois, au moment où Cooper & Beatty (C&B) imprima ce supplément, leur catalogue original à sept anneaux de 1927 était plein. Plutôt que de concevoir et produire un tout nouveau spécimen, une entreprise onéreuse, ils réalisèrent un livret de 24 pages à insérer dans la couverture arrière du catalogue existant (dans cet exemplaire, il est collé à l’intérieur de la couverture).
Dans le spécimen de 1927 comme dans ce supplément, Cooper & Beatty ont adopté une mise en page distincte pour chaque caractère. Ce n’est que plus tard qu’ils normalisèrent la présentation avec une grille uniforme pour toutes les polices.
Les 22 caractères présentés dans ce supplément étaient principalement des fontes de titrage en fonderie, composées manuellement. Acquérir une aussi vaste sélection, dans une aussi grande variété de corps, représentait un investissement conséquent pour C&B, surtout en pleine Grande Dépression. Cette expansion témoigne de la force de leur position dans le domaine florissant de la typographie publicitaire. C&B conservera une position dominante auprès des agences de publicité torontoises pendant plus de quarante ans.
Sur les pages de spécimen, juste sous le nom de chaque caractère, figure la mention : « Foundry Type – For Plating Only ». Les caractères de fonderie étaient fabriqués dans un alliage plus dur, coulé à plus haute température et sous une pression supérieure à celle qu’autorisait une machine Monotype. Ils étaient ainsi plus durables, et plus coûteux. Une fonte de fonderie pouvait tolérer jusqu’à 100 000 impressions avant usure, contre environ 10 000 pour une fonte Monotype, un nombre toutefois suffisant pour la majorité des tirages. Les caractères de fonderie étaient rarement utilisés directement pour l’impression : on les composait à la main, on les galvanisait, puis on les refondait dans un métal plus tendre adapté à l’impression.
Dans les années 1970, les grands ateliers de composition écoulaient leurs caractères en métal, déjà rendus obsolètes par la photocomposition. Hélas, une grande partie fut envoyée à la ferraille, même si certains caractères furent vendus au prix du métal à des imprimeurs privés. À la fin de cette décennie, Glenn Goluska, graphiste et imprimeur torontois, fit l’acquisition, entre autres, de la fonte de 30 points de l’Othello de C&B.
À son décès en 2011, il légua ses caractères, une Linotype Model 31 et sa presse à épreuves Vandercook à Andrew Steeves, auteur et imprimeur-typographe de Nouvelle-Écosse. Cofondateur de Gaspereau Press, Steeves utilisa cet équipement jusqu’en 2025, puis le transféra dans son nouvel atelier, la Press of the Varying Hare. – Rod McDonald
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