Specimen of Printing Types and Ornaments — livre, Lovell & Gibson, 1847
Notes
Il s’agit d’une réimpression de l’un des très rares spécimens typographiques canadiens anciens, publiée en 1975 par la Société bibliographique du Canada. L’exemplaire ayant servi de source provenait du libraire antiquaire torontois Hugh Anson-Cartwright, et l’introduction fut rédigée par Douglas Lochhead, premier bibliothécaire du Massey College et proche ami de Carl Dair. L’impression fut assurée par les Presses de l’Université de Toronto.
La maison montréalaise Lovell & Gibson, fondée en 1835, réunissait John Lovell et son beau-frère John Gibson. Elle maintint pendant un temps un bureau à Toronto. Les livres de spécimens typographiques étaient alors rares, peu d’imprimeurs possédant une collection de caractères assez vaste pour justifier la production d’autre chose qu’une simple affiche. L’ouvrage original, imprimé en rouge et en noir avec quelques rehauts d’or, devait produire une impression marquante auprès des imprimeurs du Haut et du Bas-Canada. Inspiré des recueils publiés par les fondeurs anglais du XIXᵉ siècle, en particulier Vincent Figgins et Robert Thorne, ce spécimen n’atteignait toutefois pas les standards de ses modèles britanniques. Les caractères eux-mêmes étaient fabriqués en Angleterre, et il est probable qu’un spécimen ait accompagné la commande.
Les caractères aujourd’hui classés dans la catégorie des « Modernes » (ou « Modernes industriels ») étaient omniprésents durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la majorité des livres publiés dans le monde occidental à cette époque étaient composés en caractères Modernes. Les fonderies proposaient une vaste gamme de variantes, généralement désignées par un numéro plutôt que par un nom. Parmi les polices qui ont survécu presque intactes jusqu’au XXIe siècle, on compte le Modern n° 20, créé par la fonderie anglaise Stephenson Blake, celle-là même qui a servi pour la réimpression.
Dans son introduction à la réimpression de 1975, Douglas Lochhead, bibliothécaire du Massey College, écrivait :
« La Société bibliographique du Canada espère que cette nouvelle parution de sa série Facsimile suscitera un regain d’intérêt non seulement pour Lovell & Gibson, mais aussi pour d’autres imprimeurs-éditeurs canadiens, en particulier ceux du XIXᵉ siècle. »
À cela, nous aimerions ajouter : nous espérons qu’un jour, la recherche sur les débuts de la fonderie de caractères au Canada connaîtra, elle aussi, un renouveau comparable. – Rod McDonald
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