Cartier Roman & Italic – spécimen typographique, Carl Dair, 1967
Notes
Avec la première génération de machines à composition au plomb (hot-metal), les fabricants mirent en place un système divisant la largeur de chaque caractère en 18 unités verticales. Cette grille permettait aux composeuses mécaniques de déterminer combien de caractères pouvaient tenir sur une ligne, tout en offrant aux créateurs de caractères un cadre pour attribuer des largeurs relatives de manière uniforme à l’ensemble de l’alphabet.
Mergenthaler Linotype, fabricant du système Linofilm, utilisait une grille de 18 unités dans laquelle chaque caractère devait s’inscrire. Les lettres les plus larges, comme la capitale « W », occupaient généralement les 18 unités complètes, tandis que les caractères étroits, tels que le « i » ou certains signes de ponctuation, en nécessitaient beaucoup moins. Comme les négatifs de film ne pouvaient accueillir qu’un nombre restreint de caractères, les dessins de Dair pour la feuille d’érable et les ornements en fleur de lys furent supprimés, la grille ne laissant aucune place disponible. Lorsque la photocomposition remplaça le métal, les fabricants adoptèrent une grille plus fine, de 54 unités, offrant un contrôle accru de l’espacement et de l’alignement. Ce standard demeura en vigueur jusqu’à l’arrivée des polices numériques PostScript dans les années 1980. – Rod McDonald
Cette petite feuille revêt également une importance particulière pour les Archives de la typographie canadienne. En 1984, alors qu’il quittait son poste chez Mono Lino, Rod McDonald l’aperçut au sommet d’une pile de papiers jetés dans une benne. Reconnaissant aussitôt sa valeur, il la récupéra avec quelques documents connexes, qu’il légua plus tard aux Carl Dair Papers, conservés à la Robertson Davies Library du Massey College de l’Université de Toronto. McDonald raconte que cette découverte fortuite fut déterminante dans l’éveil et le maintien de son intérêt pour l’histoire typographique canadienne. – CTA
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