Jonathas et David, Une tragédie pour une pièce de théâtre – Bas-Canada (Québec), Fleury Mesplet, 1776
Notes
Fleury Mesplet (1734–1794) se forma au métier d'imprimeur en France. Aux alentours de ses trente ans, il épousa Marie Mirabeau, sa cadette de douze ans. Insatisfaits du climat politique et commercial en France, ils s’installèrent à Londres, où Mesplet fonda sa première imprimerie près de Covent Garden. En 1774, grâce à une lettre de recommandation de Benjamin Franklin, qu'il avait rencontré à Londres, ils déménagèrent à Philadelphie.
À cette époque, les treize colonies américaines se préparaient à déclarer leur indépendance de la Grande-Bretagne et cherchaient à convaincre les Canadiens français du Québec de les rejoindre en tant que « quatorzième colonie ». En tant que seul imprimeur francophone de Philadelphie, Mesplet fut chargé d’imprimer une lettre ouverte invitant les résidents du Québec à soutenir la Révolution américaine. En novembre 1775, l'armée continentale s’empara de Montréal, et Mesplet réussit à convaincre le Congrès continental de l'importance d'établir un bureau de presse francophone à Montréal pour assurer le succès de la révolution. En 1776, il reçut 200 dollars pour se rendre au Canada et y créer une imprimerie. Malgré leurs efforts, les Américains échouèrent à convaincre le Québec de les rejoindre et durent finalement se retirer. Mesplet décida de rester, mais les autorités anglaises, le soupçonnant, le condamnèrent à vingt-six jours d’emprisonnement.
Après sa libération, Mesplet s'engagea auprès des autorités locales à ne rien publier pouvant offenser l'Église ou l'État. En 1777, il publia son premier almanach, le premier livre en langue iroquoise, ainsi que deux ouvrages religieux. L’année suivante, il engagea Valantin Jautard comme rédacteur et commença à publier le journal The Gazette (Gazette du commerce et littéraire). Jautard, connu pour ses liens avec l'armée continentale, lança rapidement une attaque contre l'Église et l'État. En moins d'un an, le journal fut interdit, et Mesplet et Jautard furent arrêtés. Ils furent détenus pendant trois ans sans chefs d’accusation ni procès, ce qui constituait une violation flagrante des principes de justice britannique. Mesplet se serait échappé de prison, et embarrassées par l'absence de charges formelles, les autorités ne le poursuivirent pas.
Il retourna à son imprimerie et en août 1785, lança un second hebdomadaire, The Montreal Gazette. Cette publication bilingue connut un grand succès et demeure l’un des journaux canadiens les plus anciens encore en activité. Marie, qui soutint son mari tout au long de ses épreuves, y compris en gérant son imprimerie pendant son emprisonnement, mourut en 1789, à l’âge de 43 ans. Sept mois plus tard, le 23 avril 1790, Fleury Mesplet épousa Marie Anne Tison, une jeune femme de 23 ans dont l’héritage modeste l’aida probablement à éponger ses dettes. Fleury Mesplet décéda en 1794, laissant sa jeune épouse à la tête du journal déficitaire. Elle ne parvint à publier que quelques numéros avant que celui-ci ne passe aux mains d’autres imprimeurs et éditeurs.
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