Norway House, Livre d'orthographe cri – Territoires du Nord-Ouest (Manitoba), James Evans, 1841

Exemple de page tire du livre Norway House, 1841, produit par James Evans.
Portrait du révérend James Evans (avant 1846).
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Notes

L’histoire du révérend James Evans (1801–1846), missionnaire méthodiste anglais, est un témoignage remarquable de persévérance et d’ingéniosité, et demeure l’une des plus fascinantes de l’histoire du Canada.

En avril 1840, Evans arriva à Norway House, située à environ 480 km au nord de Winnipeg. Ce poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson était isolé et difficile d’accès, ce qui rendait l’approvisionnement en matériel pour une presse à imprimer presque impossible. Evans dut alors recourir aux ressources locales. Il récupéra des caisses à thé auprès de marchands de fourrures qui vendaient de grandes quantités de thé aux peuples autochtones. Il réussit à fabriquer ses caractères à partir des fines feuilles de plomb qui tapissaient ces caisses. Il sculpta minutieusement de petits modèles de ses caractères en chêne, puis réalisa des moules en argile. Du plomb fondu fut coulé dans les moules d’argile et, après de nombreux échecs, il parvint à produire des caractères convenant à ses besoins. 

Ne disposant pas d’encre, Evans créa un mélange artisanal à base de suie et d’huile d’esturgeon. Faute de papier, il utilisa de l’écorce de bouleau comme substitut. Pour imprimer, il adapta ingénieusement un cric à vis utilisé pour comprimer les fourrures, transformant cet outil rudimentaire en une presse artisanale capable d’imprimer des textes. Grâce à ces efforts, il parvint à collaborer avec les peuples autochtones pour imprimer des extraits des Écritures saintes et des hymnes dans leur langue.

Le travail d’Evans suscita des frictions avec la Compagnie de la Baie d’Hudson, notamment en raison de ses critiques concernant leur traitement des peuples autochtones. Pour le discréditer, la Compagnie l’accusa faussement d’inconduite envers de jeunes filles autochtones sous sa garde. En 1846, Evans se rendit à Londres pour se défendre contre ces accusations qui s’avérèrent infondées, et il fut acquitté. Cependant, durant son séjour, il succomba à une crise cardiaque. Ses cendres furent plus tard rapatriées à Norway House.

Syllabaires cris

Bien que James Evans ait souvent été crédité de la création des syllabaires cris — ces caractères typographiques qu’il fondit en plomb pour transcrire la langue crie —, des doutes subsistent quant à son rôle exact dans ce processus. La tradition orale crie raconte qu’un membre de leur communauté aurait offert ces syllabaires à son peuple, gravés sur un morceau d’écorce de bouleau. Par ailleurs, deux linguistes cris, qui travaillaient avec Evans à Norway House, auraient probablement joué un rôle déterminant dans l’élaboration des syllabaires.

Un regard plus approfondi sur la création des syllabaires cris est disponible sur le site de la CBC : https://newsinteractives.cbc.ca/longform/a-question-of-legacy-cree-writing-and-the-origin-of-the-syllabics

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Artéfact

Données sur l'article

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Date

1841

Titre

Norway House
Livre d'orthographe cri

Description

Livre

Page du livre d’orthographe rédigé en cri Norway House

Publication

Éditeur

James Evans

Client

Crédits

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Directeur_artistique:
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Principales polices de caractères

En savoir plus :

Région

Manitoba

Langue

Cri

Détenteur

Inconnu

Statut du droit d'auteur

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