A Typographic Quest, Number 4, The Organization of Space — livret, Westvaco, Carl Dair, 1966
Notes
Carl Dair était profondément sensible au rôle de l’espace en typographie. Les deux éditions de Design with Type consacrent un chapitre à ce sujet, mais c’est dans ce quatrième numéro de A Typographic Quest que sa réflexion sur l’espace s’exprime avec la plus grande clarté. Il écrit : « L’espace est dépourvu de sens jusqu’à ce que quelque chose s’y manifeste ; l’espace devient alors articulé et peut communiquer avec le spectateur. » Il ajoute : « Tous les arts visuels sont confrontés au problème de l’articulation de l’espace. »
Pour Dair, le choix d’une police, sa taille ou même sa couleur, perd toute pertinence si elle n’est pas harmonieusement intégrée à l’espace que l’on appelle la page. La sensibilité à l’espace, partagée par de nombreux typographes, trouve ses racines chez les premiers graveurs de poinçons et créateurs de caractères, une tradition à laquelle Dair appartenait pleinement. Pour eux, l’espace n’était pas un élément passif, mais une force active, un partenaire essentiel dans la mise en forme des lettres.
Dans The Organization of Space, cette vision se traduit visuellement par des superpositions et des compositions minutieusement construites. Dair démontre que la forme des lettres se définit autant par leurs traits que par l’espace qui les entoure et les habite.
En 1966, ce livret fut retenu parmi les meilleures réalisations de publipostage aux États-Unis. Dair reçut cette distinction en septembre 1967. – Rod McDonald
Texte [Traduction française]
(Un extrait de la page 4)
L’espace est dénué de sens tant qu’il ne s’y passe rien ; lorsqu’un « événement » survient, quel qu’il soit, l’espace devient articulé et peut communiquer avec le spectateur. Même un événement aussi fortuit que le renversement d’encre charge l’espace d’activité et raconte l’histoire des forces en jeu dans l’éclaboussure sur la surface immaculée.
Toutes les disciplines visuelles sont confrontées au problème de l’articulation de l’espace. Les architectes et les sculpteurs l’abordent comme un problème tridimensionnel, l’organisant pour l’activité ou le plaisir humains. Les peintres et les artistes des arts graphiques travaillent, quant à eux, dans un espace bidimensionnel : une surface inarticulée, dotée de longueur et de largeur. Tous les artistes et designers se trouvent face à la même question : voici un espace ; comment le diviser, le définir, y introduire des formes afin qu’il s’anime et prenne le sens et la fonction qui lui sont destinés ?
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